Qu'est-ce que le projet "L'éveil de la Bièvre" ?
Initialement intégré à un groupe de cinq, nous avons développé l'un des deux scenarii qui ont découlé d'un thème commun. En effet, suite à la visite de la Réserve Perret du Mobilier national nous avons voulu interroger sa mission de conservation à travers le prisme de la dystopie.
L'histoire
du projet
prospectif
Un nouvel accueil visuel
Une nouvelle forme esthétique
Un nouveau
regard sur
le présent
L'éveil de la Bièvre est un récit immersif qui questionne l'une des missions du Mobilier national: la conservation et le stockage du garde-meuble.
D’après notre observation de la réserve Perret, le mobilier stocké est mis sous bâche, dans l’attente d’être attribués à un lieu et d’être utilisé. La conservation est-elle nécessaire ? De quelle manière ? Sur quelle échelle de temps ? Quel statut voulons-nous lui donner ?
Notre collectif de designers ayant pour devise « imaginer le futur pour mieux appréhender le présent » crée alors un scénario dystopique pour contextualiser notre sujet.
Le Mobilier national est inondé par la Bièvre qui l'encerclait au XIXe siècle, puis redécouvert. L'inondation a déclenché un abandon forcé et précipité des meubles conservés et laisse place à trois issues différentes : rejeter l'évènement et restaurer les objets, exposer l'objet patrimonialisé par l'évènement et enfin accueillir l'objet dans son intégralité jusqu'à l'utiliser.
De quelle manière la découverte des nouveaux objets change-t-elle nos rapports avec eux ? Quel impact la nature a-t-elle sur ce mobilier qu’elle s’approprie suite à une longue inondation ?
Quel accueil visuel crée cette nouvelle forme esthétique ? A-t-on envie de tout nettoyer pour tout restaurer ? À l’inverse voulons-nous les cristalliser et les exposer ? Et quid de l’utilisation de tous ces objets ?
Qu’adviendrait-il s’ils étaient utilisés en l’état? Cela provoquerait-il du bien être ou du dégoût ? L’utilisation d’un objet patrimonial implique-t-elle forcément la peur d’abîmer celui-ci ? de le briser ? de le changer ? qu’il ne soit plus comme « avant » et qu’il n’existe donc plus ? A-t-on peur de ce changement car il serait perçu comme la disparition de notre mémoire historique et patrimoniale ? Faudrait-il créer les collections patrimoniales de demain en les altérant ?
L’art japonais Kintsugi ne cherche pas à nier les traces du passé car il enseigne la restauration d’objets brisés à l’aide de peinture dorée. Il valorise l’accident. Il met en lumière ce que nous pourrions dans une certaine mesure voir comme un «drame ». La trace du passé, d’un vécu, fait-elle tomber la peur d’utilisation de l’objet altéré par le Temps et l’Événement ?
Cette même trace ouvrirait alors une toute nouvelle dimension qui est celle du passé de l’objet où l’événement ferait alors esthétique. Pourquoi sommes-nous fascinés par la ruine ? Car elle fait partie de l'histoire de l'art. La nouvelle esthétique générée par l'événement patrimonialise les objets, elle est témoin de ce qui leur est arrivé. Alors en quoi l'accueil d'une nouvelle esthétique donne-t-elle des perspectives de renouvellement des collections ? Quelles questions de styles des objets soulève-t-elle ?
Pour aller plus loin encore, comment cette découverte après inondation nous permet-elle de poser un regard nouveau sur les objets / mobiliers / collections patrimoniales / que nous avons déjà sous les yeux ?